Deep-Sea Mining: The High-Stakes Showdown Beneath the Waves
 

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Exploitation minière en eaux profondes : l'affrontement à haut risque sous les vagues

Par Cristina Mittermeier et Jamie Goncalves, initialement publié par Katie Couirc Media en avril 2025.

Une nouvelle ruée vers l'or, à deux milles sous l'eau

Les entreprises se livrent à une véritable course pour être les premières à exploiter les grands fonds marins à la recherche de métaux rares destinés aux batteries des véhicules électriques. Mais cette course devance – voire ignore ouvertement – les règles établies pour protéger l'océan et notre planète.
Voici un aperçu

Au fond des océans gisent des milliards de nodules polymétalliques de la taille d'un poing, riches en cobalt, nickel, manganèse et cuivre – tous essentiels aux batteries actuelles des véhicules électriques. Les entreprises affirment que leur extraction est plus propre que le dynamitage des montagnes terrestres. Les scientifiques marins, quant à eux, nous mettent en garde.

  • Les écosystèmes des grands fonds marins évoluent sur des millénaires et peuvent ne jamais se remettre d'une perturbation.
  • Les panaches de sédiments pourraient étouffer les coraux, les éponges et les communautés microbiennes essentielles au cycle du carbone et à la production d'oxygène.
  • La technologie des batteries s'oriente déjà vers des compositions chimiques sans cobalt comme le lithium-fer-phosphate, et des filières de recyclage des métaux robustes pourraient répondre à la demande future.

Présentation de l'arbitre : L'Autorité internationale des fonds marins

Créée en vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) en 1994, l'Autorité internationale des fonds marins (AIFM) compte 169 États membres et un mandat clair : gérer les fonds marins comme “ patrimoine commun de l'humanité ”. Le problème ? Les États-Unis n'ont jamais ratifié la CNUDM, créant ainsi une faille importante. Cette année, le débat sur l'exploitation minière en eaux profondes a connu un tournant décisif. En mars 2025, les négociations internationales au sein de l'AIFM ont occupé le devant de la scène, avant d'être suivies d'une initiative choquante de la part de The Metals Company (TMC), une entreprise canadienne, qui tente de contourner purement et simplement le droit international.

Crevettes fantômes sur un corail mou à Raja Ampat, Indonésie. Photo de Cristina Mittermeier

Alors, qu'est-ce que l'exploitation minière en eaux profondes, pourquoi est-ce un sujet si important et qu'est-ce que cela signifie pour l'avenir de la planète ?

Depuis des années, TMC fait pression sur l'AIFE pour qu'elle élabore une réglementation sur l'exploitation des grands fonds marins afin de pouvoir commencer les opérations minières, mais cette réglementation reste incomplète. Comment pouvons-nous élaborer une réglementation pour un écosystème que nous connaissons si mal ? Frustrés et investisseurs perdants, TMC a adopté une stratégie plus offensive en annonçant son intention de déposer une demande de permis d'exploitation minière en juin 2025, avec ou sans réglementation. En cas de succès, cela pourrait ouvrir la voie à une industrialisation à grande échelle des grands fonds marins.

Dernier rebondissement : The Metals Company et les États-Unis.

Lors de la réunion de l'Autorité internationale des fonds marins (AIFM) de mars 2025 en Jamaïque, les négociations s'orientaient vers une approche plus scientifique et fondée sur le principe de précaution. Mais face à l'opposition croissante à l'exploitation minière, une société minière, TMC, aux abois, annonça son intention de demander une licence d'exploitation aux États-Unis, tirant profit d'une législation minière obsolète. Cette législation, rédigée avant même l'existence de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) et de l'AIFM, ignore la gouvernance internationale et des décennies de recherches scientifiques.

Cette décision a choqué le monde entier. En contournant l'Autorité internationale des fonds marins (AIFM), TMC bafoue le droit international et ouvre la voie à une exploitation des océans totalement anarchique. Le président Donald Trump a récemment signé un décret autorisant l'exploitation minière des grands fonds marins américains, avec pour objectif également l'exploitation des eaux internationales. On craint que d'autres grandes puissances, comme la Chine et la Russie, ne suivent cet exemple, fragilisant davantage la gouvernance internationale.

Que va-t-il se passer ensuite ?

Comme les États-Unis ne sont pas membres de l'Autorité internationale des fonds marins (AIFM), ils peuvent légalement délivrer une licence d'exploitation minière à TMC en vertu de leur propre législation, indépendamment de la décision de l'AIFM. Cependant, la bataille n'est pas perdue. Le reste du monde peut encore interdire l'exploitation minière en eaux profondes. D'autres pays, consommateurs et entreprises peuvent refuser les minéraux des grands fonds marins, ce qui compliquera la recherche d'acheteurs pour TMC. Les pays du Pacifique peuvent rendre l'exploitation minière extrêmement complexe sur le plan logistique, en refusant aux navires tout ravitaillement ou accostage. L'objectif est désormais de rendre l'exploitation minière en eaux profondes si peu rentable qu'elle s'effondre d'elle-même avant même de commencer.

Les jeunes et la société civile prennent les rênes

SeaLegacy s'est associé à Alliance pour un océan durable (SOA) Plaider pour un moratoire mondial. Eugénia Barroca, responsable de SOA pour l'Europe et présente aux négociations de l'ISA en mars, met en garde contre le risque que les pressions des entreprises l'emportent sur la science et l'équité. Elle se dit néanmoins encouragée par la coalition grandissante de pays qui soutiennent une pause.

“ Il est encourageant de voir une coalition d'États aussi forte se mobiliser pour la protection des océans ”, a déclaré Eugénia Barroca, SOA.

La prochaine réunion de l'Autorité internationale des fonds marins (AIFM), en juillet 2025, sera déterminante pour la réaction internationale face au mépris du droit international par TMC. SeaLegacy y participera avec SOA, pour défendre l'avenir de nos océans. Face à la montée de la résistance à l'exploitation minière des grands fonds, ce combat s'inscrit dans une lutte plus vaste : celle de contrer une poignée de milliardaires qui tentent de dicter l'avenir de la planète. Suivez-nous et SOA sur Instagram pour des mises à jour en temps réel.

Comment protéger les profondeurs marines

Restez informé – Suivez-nous @SeaLegacy@soalliance Suivez la couverture en direct de l'ISA de juillet 2025 sur Instagram

Prenez le Cours SOA – Leur programme gratuit d'initiation à l'exploitation minière en eaux profondes vous donne les outils nécessaires pour faire entendre votre voix.

Montre "“Ascendance profonde” – Ce documentaire décortique les aspects politiques, économiques et écologiques de l’exploitation minière des fonds marins. ».

Appelez vos représentants – Les inciter à soutenir une pause préventive et à investir dans le recyclage des métaux, et non dans le dragage des fonds marins.